Freelance et burn out : comment prévenir les risques ? / Elisa Ventur photo

On parle souvent de santé mentale en entreprise, mais beaucoup moins chez les freelances. 

Cependant, le risque de burn-out chez les freelances est tout aussi réel que chez les salariés, mais il est plus difficile à identifier et à prévenir. L’étude réalisée par Les Mutualités Libres en 2017, soulignait déjà des signes précurseurs pour 1 indépendant sur 5.

Notre partenaire Wemind vous a préparé un article pour décrypter les risques inhérents aux indépendants et surtout donner des conseils pour prévenir cette situation délicate. 

Les freelances ne sont pas épargnés 

Les indépendants sont moins exposés au stress lié au fonctionnement d’une entreprise et aux relations managériales. Mais, du fait du statut d’indépendant, la charge de travail est plus importante. Les freelances ont facilement tendance à travailler plus, pour montrer leur valeur ajoutée et développer leur activité. 

Dès lors, le rythme, l’engagement et la responsabilité propre à une activité d’indépendant influent sur le rapport au travail.

Et c’est là que surviennent les premiers risques : fatigue constante et diminution de la productivité

Des médecins ont aussi montré qu’il existait des personnalités plus à risque. On parle parfois de la  “maladie des enthousiastes” ! Une qualité souvent bien représentée parmi les indépendants, qui ont à cœur de créer leur propre environnement, leur propre système de règles et de valeurs. 

Quels sont les symptômes ? 

Avant de penser aux signes avant-coureurs, il faut faire de la place pour l’observation. C’est l’unique moyen qui permet de rester à son écoute, attentif à son corps. Il est important de prendre du temps pour soi, matin et soir, pour repérer les premiers signes de fatigue ou de stress.. L’idée est simplement de prendre 2 minutes, respirer un coup et se demander “comment je me sens ?”

En réalité, le corps nous envoie de nombreux signaux et rien que le fait de les repérer peut nous aider à détecter les points à surveiller.
Voici une liste de signes qui peuvent apparaître quand le burn-out nous guette. Plus les symptômes s’additionnent, plus la situation est à prendre au sérieux.

Symptômes physiques : 

  • Troubles du sommeil : si vous n’arrivez plus à vous endormir et/ou que vous faites des insomnies ou des cauchemars à répétition. 

  • Troubles musculosquelettiques : ce sont les affections qui touchent les muscles, les tendons et les articulations, comme les maux de dos.

  • Maux de tête ou de ventre : des migraines, des crampes, des problèmes de digestion, on parle d’ailleurs du ventre comme le deuxième cerveau, ce n’est pas un hasard.

Symptômes psychiques : 

  • Anxiété généralisée qui se manifeste par un stress constant, une vision négative des choses et un repli sur soi.

  • Perte d’intérêt inhabituel : si vous sentez un manque de motivation global, des difficultés à commencer votre journée, ou que vous avez du mal à vous reconnaître.

  • Sensibilité exacerbée ou irritabilité : si vous avez le sentiment de rencontrer des difficultés dans la gestion de vos émotions.

  • Trouble de la mémoire : des oublis, des inattentions ou des difficultés à vous concentrer comme quand on commence une phrase et que l’on ne se souvient plus de l’idée principale.

  • Addiction : tabac, alcool, drogue sont aussi des actions en réponse à un mal-être ou une sur activité.

Comment identifier un environnement de travail non adapté ? 

Le contexte joue également une part prédominante sur la santé mentale. Forcément, plus on évolue dans un terrain hostile, plus le chemin est périlleux. 

On compte 3 grands points de vigilance à garder en tête : une surcharge de travail souvent accompagnée d’un périmètre de missions floues, des difficultés relationnelles avec un client ou encore un contexte économique, politique ou social délicat chez le client. 

Il y a également une question d’alignement entre vos envies et votre réalité quotidienne. Pour ce dernier point, il est important de régulièrement se poser la question à propos de ses missions : “est-ce que ça me plaît ?, Est-ce que le rythme me convient ?, Est-ce que la rémunération est juste ? ” 

En fonction, cela peut vous permettre d’agir en conséquence pour rééquilibrer le tout.

Comment réagir lorsqu’on identifie une situation à risque ?

Le premier conseil que l’on peut vous donner c’est d’en parler. En parler, c’est accepter et mieux appréhender la situation. 

Vous pouvez en parler à votre conjoint, votre famille, à un proche pour vous décharger dans un premier temps, mais aussi avoir des conseils. Si vous avez d’autres freelances dans votre entourage, ou que vous appartenez à un collectif, n’hésitez pas à vous confier. On sous-estime ces périodes de détresse, alors que plus de 22% ont déjà connu cette situation d’épuisement professionnel (selon une étude BPI France en 2022). Les retours d’expérience sont toujours très précieux.  

Il ne faut pas non plus hésiter à se rendre chez un médecin (traitant ou psychiatre) : mieux vaut lever un peu le pied ou s’arrêter quelques jours, que d’être incapable d’ouvrir son ordinateur pendant 3 mois ! 

En plus, un suivi psychologique est très recommandé pour surmonter ces moments difficiles. 

Pour cela, n’hésitez pas à consulter votre mutuelle pour connaître vos remboursements sur les consultations avec un psychologue (catégorie Bien-Être ou Médecines douces) ou avec un psychiatre (catégorie Soins Courants, Consultation Spécialiste). Sachez que vous pouvez également utiliser le dispositif Monpsy, et bénéficier de 8 séances de psychologies 100% prises en charge par la Sécurité Sociale et votre mutuelle. 

Enfin, côté physique, certaines activités peuvent considérablement aider. 

Déjà, il faut savoir que le sommeil est le premier anti-stress. Vous pouvez commencer par vous octroyer des grandes nuits en mettant le curseur sur 7 à 9h, plutôt que 5 à 6h. 

On pense aussi à certaines activités comme le yoga ou la méditation. Plus d’une dizaine d’études scientifiques ont prouvé que ces pratiques agissent directement sur la réduction du stress, l’amélioration des symptômes liés à l’anxiété ou encore l’amélioration des fonctions cognitives. 

Toutes ces recommandations permettent de prendre de la distance avec les difficultés du quotidien et de retrouver du sens pour aller vers un quotidien plus serein. 

Des bonnes pratiques :

  • Si on observe ces premiers signes, on peut effectuer un autotest comme le test de Maslach permettant de prendre conscience du risque de burn-out.

  • En parler c’est essentiel : conjoint, proche, collègue, médecin, psychologue.

  • Anticiper son organisation chaque semaine : avec des plages de travail dédiées et des moments de pause, avec des activités pour se ressourcer. Le tout noté dans son agenda pour être sûr de ne rien louper ! 

Le risque de burn-out est-il le prix à payer de la liberté, si précieuse pour un freelance ? 

Une chose est sûre : personne n’est à l’abri, mais il existe plusieurs moyens pour éviter ce piège ravageur. Comprendre son propre équilibre, choisir avec qui et comment vous travaillez sont autant de bons boucliers, qu’il existe de risques. On pourra même aller jusqu’à questionner le fait de travailler en tant que freelance. C’est un statut qui ne convient pas à tout le monde et un job en tant que salarié est parfois plus adapté.   

Dans biens des domaines, la connaissance de soi est un atout essentiel. En tant que freelance, elle est primordiale pour garder un équilibre pérenne. 

Freelance et burn-out comment prévenir les risques ?

Ma couverture complète avec Wemind