Pour exercer ce métier, il faut être humble et surtout pas sectaire

Audie Malloggia

Développeur Android/Reactnative/Ios

Publié le 14/08/2017

Quel métier exerces-tu en freelance ?

Je suis développeur d'applications mobiles. La plupart du temps, je rejoins une équipe de développeurs en place pour les aider à terminer un produit. D'autres fois, je travaille seul à partir du cahier des charges du client et je m'occupe éventuellement de monter une équipe pour le projet au besoin. Plus rarement, mais cela arrive, je suis contacté pour des audits de code et de bonnes pratiques Android.

Peux-tu nous donner des exemples de livrables que tu es en mesure de fournir à la fin d’une mission ?

Mon livrable le plus important est le code source. A part ça tous les documents que j'ai été amené à produire pendant ma prestation : notes d'architectures, fichiers d'aides, maquettes Balsamiq, etc...

Pourquoi as-tu choisi ce métier de développeur Android ?

Parce que j'avais un téléphone Android ! Plus sérieusement, mon associé s'était spécialisé d'emblée sur iOS. De mon côté, je venais du monde Java, alors faire de l'Android était plus naturel pour moi. Sans parler bien sûr de mon aversion naturelle pour Objective-C. Ceci dit j'ai toujours fait de l'iOS en parallèle, et de plus en plus depuis Swift et React Native.

As-tu une spécialisation ?

Aujourd'hui, je suis spécialisé développeur Android/iOS et ReactNative. Mais, au final, j'aime les projets qui me permettent de combiner des technologies, réaliser des SDK… Je me considère comme développeur au sens large et je n'aime pas m'enfermer dans un domaine en particulier.

Pourquoi es-tu passé du statut de salarié à celui de freelance ?

Au départ, c'est parti du constat que je ne trouvais plus ma place en tant que salarié en entreprise. Obtenir un meilleur salaire ou prendre un virage technologique nécessaire signifiait la plupart du temps changer de société et repartir en quelque sorte de zéro. Du coup, je me suis dit que ça me conviendrait mieux de trouver mes propres clients et de bosser sur les sujets qui m'intéressent vraiment !

Que faisais-tu avant de sauter le pas et de devenir freelance ?

J'étais développeur pour une société de service, spécialisée en produits opensource.

Et cela n’était donc pas très… Épanouissant pour toi ?

Le job était intéressant mais je ne travaillais pas sur les technologies qui m'attiraient le plus. Et puis les luttes de clocher entre barbus du PHP du Python ou du Java avaient tendance à me lasser… C'est encore le cas aujourd'hui :)

Comment se sont passés tes débuts en tant que freelance ?

J'ai commencé par co-créer une société en 2012 (Appsoluce) avec des amis associés. On avait en tête au départ une structure à cheval entre un regroupement d'indépendants et une agence mobile. Notre premier client était l'agence qui devait réaliser notre site web. Ils ont aimé notre vision et nous ont commandé une application. Par la suite, on a réalisé la plupart de leurs projets. C'est eux qui nous ont lancé !

Pour être honnête, nos débuts ont été plutôt chaotiques ! On ne connaissait rien au mobile mais on sentait que c'était un terrain de jeu infini ! On a tout de suite voulu expérimenter les différentes technologies et approches. On est passé par du SenchaTouch, du Cordova classique, du natif classique et même de l'hybride à l'envers (interfaces natives et mutualisation du code JS dans une webview). On n’avait pas que des bonnes idées mais il y avait une effervescence :)

Avec le recul, est-ce que tu penses qu'il y a un parcours type pour faire ce métier ?

Oui et non. J'ai eu l'occasion de travailler avec de très bons autodidactes ou issus de parcours type histoire de l'art. Mais aussi avec de très bons développeurs qui n'étaient pas toujours "passionnés" par leur métier mais qui le faisaient bien quand même, parce qu'ils étaient sérieux et bien formés. Je pense que si on a conscience de s'engager dans une voie, où la remise en question de ses acquis est fondamentale, alors on peut faire ce métier.

Qu'est-ce qui te plaît le plus dans ton métier actuellement ?

Parmi les petits plaisirs, il y a sans surprise démarrer un projet de zéro et concevoir le squelette d'un nouveau projet. J'aime travailler de manière organisée avec des process bien calibrés. Aussi, comme tous les développeurs, je pratique une veille technologique permanente. C'est toujours très motivant de tomber sur un article qui fait "tilt" et donne envie de faire évoluer ses méthodes.

A contrario, qu'est-ce qui est le plus difficile dans ton métier ?

Le corollaire de la question précédente : la vitesse d'évolution de la technologie interdit tout confort. Il faut constamment se tenir prêt à adopter les bons virages parce que la demande évolue constamment.

As-tu l'habitude de travailler avec d'autres freelances ?

Oui assez souvent, il n'est pas rare qu'un client réunisse plusieurs freelances pour un même projet. Il m'arrive également de faire appel à d'autres freelances.

A ton avis, quelles sont les qualités indispensables pour réussir dans ton domaine ?

Je trouve important de prendre le temps d'élargir son horizon : si on fait du développement serveur nodejs pourquoi ne pas s'essayer au mobile sur ReactNative ? Si on est développeur Android il faut absolument regarder comment fonctionne iOS, au moins une fois. Il faut être humble et surtout pas sectaire !

Un conseil pour un nouveau freelance qui veut se lancer en tant que développeur Android ?

Faites quelques projets Android et tournez-vous également lentement mais sûrement vers iOS. Gardez aussi un œil ouvert sur le multiplateforme. Il faut également apprendre à avoir du recul sur l'avalanche de technologies qui tombe chaque jour. Prendre le temps d'approfondir ce sur quoi on bosse et ne retenir que ce qui pourrait nous être essentiel.

Avec l'expérience que tu as maintenant, quels conseils donnerais-tu à un freelance pour bien gérer ses clients?

Sous-traiter au maximum les tâches annexes à notre métier. Investir dans un outil de facturation. Bien choisir son expert comptable (on trouve aujourd'hui de très bons expert comptables en ligne). Et trouver un bon intermédiaire reconnu pour trouver ses missions.

Quels sont, selon toi, les ingrédients pour un client satisfait ?

Il faut gagner la confiance du client. Pour ça, il faut savoir se mettre à sa place :

  • ne pas promettre la lune
  • être conscient de ses propres limites et en faire part au client (ne pas hésiter à le faire en début de prestation)
  • avertir le plus tôt possible des problèmes,
  • toujours chercher à optimiser la demande du client pour lui présenter des options moins chères ou plus pertinentes

Qu'est ce qui est dur pour se vendre à un client selon toi ?

La qualité. La qualité est un concept difficilement mesurable en développement informatique et par conséquent difficile à vendre. Un logiciel développé avec des méthodes de qualité (architecture robuste, tests automatisés, intégration continue...) sera plus cher à produire mais sera, en revanche, plus robuste et évolutif sur le moyen terme.

Comment évalues-tu une mission ?

L'évaluation démarre dès la prise de contact. J'apprécie que le projet soit présenté de manière détaillé avec le moins de “buzzwords” possible ("ninja du code", "belle mission", “super locaux verts et jaunes”...), que je ressente que le client a une vision claire du but à atteindre, qu'il a bien réfléchi à son besoin et qu'on essaie pas de me vendre une soupe ! La plupart des offres que je reçois sur Malt sont d'ailleurs bien rédigées.

Ensuite, vient l'intérêt du projet. Pour être intéressant, un projet doit apporter de la nouveauté par rapport à ce qu'on a fait jusque là : une application fonctionnellement originale, mise en place d’un framework qu'on avait jamais eu la possibilité de tester par manque de temps, l'occasion de toucher à de la réalité virtuelle...

Quelles sont les raisons qui te feraient dire "non" à un client ?

J'essaie toujours de trouver une solution de remplacement lorsque j'estime que la demande mettra sérieusement en péril l'architecture du produit ou aura, par exemple, un impact extrêmement négatif sur la vitesse de développement ou la souplesse de travail au quotidien.

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